Lundi 21 août 2017

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Pierre-François Néron - Aperçu pour le comprendre

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Il est plus délicat de retracer les états d’âme de Pierre-François, car qui peut prétendre connaître les pensées d’autrui, sinon Dieu lui-même ?
Un jeune paysan, joyeux, fort, gentil est né et vit à Bornay… Rien ne semble le distinguer de ses compatriotes : il est le cinquième enfant d’une famille qui en comptera huit, un neuvième étant décédé en bas âge. Le seul avenir potentiel pour cet enfant de famille sans fortune, c’est la vie de paysan, de tâcheron, même, car il n’y a pas suffisamment de terre pour huit… Le fait que la famille est croyante et très pratiquante n’a rien d’exceptionnel à cette époque et en cet endroit : c’est le lot commun de la plupart des villageois !

En prenant de l’âge, vers 17 ans, Pierre-François commence à changer : faire la fête chaque dimanche après-midi n’est pas satisfaisant ; il doit y avoir mieux à faire dans la vie. « Pensez-y bien ! » Tel est le titre d’un ouvrage qu’il lit à cette époque ; aujourd’hui, on dirait un livre pieux, et on le regarderait de loin, tellement nous sommes sollicités par tant d’autres occupations ; mais à l’époque, pas de quotidiens, du moins pas chez les Néron, pas de radio, pas de télé (et pour cause !)


Donc, Pierre-François lit cet ouvrage ; c’est alors le tournant dans sa vie ; sans perdre de son entrain, il devient de plus en plus réfléchi, attiré par la méditation, l’adoration. Son compatriote et ami, le Père Thomas, dira plus tard : « un changement comme je n’en ai jamais rencontré dans ma vie avait été l’œuvre instantanée de la Grâce ».A partir de ce moment, la vocation s’installe en Pierre-François : Etre prêtre, si seulement c’était encore possible ! Mais à 18 ans, reprendre des études qui se sont arrêtées à la sortie du primaire, dirait-on aujourd’hui ! Qui peut y croire ? Tout d’abord, même son curé, qui le connaît bien, lui fait toutes les objections : tu es trop âgé, tu n’as pas fait les études nécessaires, tes parents n’ont pas les moyens de t’entretenir pendant ta période de formation, tu ne seras pas plus aisé matériellement en étant prêtre…

Mais qui peut se mettre en travers d’une vocation, quand la graine est tombée dans la bonne terre ? Rien ne rebutera Pierre-François : ni le latin, ni l’absence de moyens financiers.
Déjà très modernes, Pierre-François et son curé font appel au mécénat, qui permettra à notre héros d’engager, puis de poursuivre ses études vers la prêtrise. Interrogeons-nous un peu…. Quelle chance chacun de nous, à la mesure de son portefeuille, donnerait-il ainsi à une vocation les moyens de s’épanouir ?
Parti de Bornay, Pierre-François n’oubliera jamais les siens, ni son village. Nostalgie ? il y avait sans doute un peu de ça, mais surtout, fidélité à ceux qui lui avaient permis de réaliser sa vocation : « Je me demande parfois pourquoi j’ai abandonné mon pays. C’est uniquement pour servir Jésus » dit-il lors de son séminaire à Paris. A rapprocher de la parole de l’Evangile :
« va, vend tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et suis-moi » Et même s’il n’avait aucun bien matériel à vendre pour suivre Jésus, Pierre-François a quand même dû abandonner bien des choses pour suivre Jésus : ses parents, ses amis, son pays, une certaine sécurité physique… Car là où il arrive, « les mandarins vexent beaucoup plus facilement que dans les autres provinces », écrit-il en novembre 1855. Ne vous y trompez pas ; à l’époque de Pierre-François, le verbe ’vexer’ signifie encore très précisément ‘persécuter’ ! Il a beaucoup été dit que Pierre-François recherchait le martyre ; c’est faux… « Il ne faut pas s’exposer. Ce serait un péché de se livrer » mais il n’envisageait jamais de renoncer devant la menace et ajoutait-il « si je suis pris, je serai au comble de la joie. » Eh bien, pour ce qui me concerne, je ne sais pas si je fuirais ou non, mais je crois que j’aurais du mal à me réjouir d’être arrêté ! Et quand il est livré par ses amis, qui s’en excusent, il leur dit « C’est bien. Je vous pardonne tout ! » C’est la seule conclusion que je souhaite vous laisser : soyons capables, à tout instant, de dire :Je vous pardonne tout !

DT